Pascal Andrault

Exploration du silence au cœur de la nature. Des paysages posés au bord de l’imaginaire. Mystérieux. Avec la tentation de l’abstraction. Le réel y joue pourtant en reflets mouvants.


La recherche de Pascal Andrault évolue récemment. Tant d’un point de vue technique que formel. Parti souvent d’un dessin, d’une photo, le motif figuratif « bascule », se dilue, s’intègre dans un espace recomposé, à la limite de l’abstraction. Matières, lignes et volumes, lumières s’enchevêtrent et s’organisent en une nouvelle dimension. L’espace apprivoisé s’essaie à l’équilibre. Fines recherches aussi sur les teintes, minutieusement testées puis appliquées. L’essai de différents papiers participe également à cette recherche dynamique.

À l’instar d’Hercules Seghers qui réalisait plusieurs impressions à partir d’une même gravure, comme il le dit lui-même, Pascal Andrault travaille davantage sur les atmosphères que sur la couleur. Pourtant, celle-ci intervient et ses variations changent la perception de la chose vue. Ainsi du rouge, symbole du feu et du sang, ou du bleu, très présent ‒ intensité et infini de l’espace, image du ciel, écho de la nuit, irréalité, éternité…, les multiples sens et symboles de cette couleur unique s’entremêlent.


Le noir et blanc le séduit cependant encore par ses qualités d’expression, liées à un certain mystère. Sensibilité extrême du noir et blanc à la lumière. C’est un travail qui s’oriente actuellement plus sur la tache et la lumière que sur le trait .


Là-bas, se dessine au loin une frange éclatante où l’on rêve : là où la lumière absorbe la matière en son trop-plein, là l’esprit voyage.


Pascale Braud