Nicolas Gasiorowski

Né en 1958 , vit et travaille à Ivry-sur-Seine.
Il commence le dessin à l’âge de 10 ans.
Admis à l’Ecole des Beaux Arts de Paris en 1979,
il en sort un an après, préférant l’apprentissage solitaire.
Les hommes sont bien singuliers…

 

Un peintre hors gabarit.

 

Nicolas Gasiorowski se déclare le plus grand peintre du monde 1,95 m, tout le personnage est là. Il cultive la dérision. Tout est dans la distance qu’il met avec les choses, il le fait avec élégance d’un séducteur flegmatique. Ce n’est pas un hasard si son musicien préféré est Bashung, il lui ressemble poétiquement.

« Il commence le dessin à l’âge de 10 ans et admis à l’école des Beaux Arts de Paris en 1979, il en sort un an après, préférant l’apprentissage solitaire » ; il y a là aussi le refus des sentiers battus, l’envie de trouver son propre chemin, son propre style. Vous le croyez endormi, ailleurs, bercé par l’ennui, non il est là, bien présent, il nous attend avec une vraie détermination.

Sa peinture est à son image déterminée dans le trait, même si celui-ci prend parfois des chemins imprévisibles. Le dessin de ses personnages suggère la profonde tendresse qu’il leur porte. Nicolas parle d’amour. Amour physique, la sexualité est là présente sans détour, assumée ; mais elle s’accompagne de la tendresse pour l’autre.

Les aléas de la vie ne sont pas non plus écartés, tragédie peut-on lire au bas d’un tableau accompagnant l’être rejeté ou la description d’un « family circus » dans un grand désordre. La vie quotidienne est très présente, même si un anarchiste traîne par là, un peu isolé. C’est le spectacle d’une vie décrit avec une grande générosité.

La texture de sa peinture est toute en vibration. Si la surface semble être unie, un regard plus attentif en montre les différentes strates liquides, les recouvrements et les transparences. Les couleurs sont sourdes, jamais clinquantes, elles sont contextuelles à au dessin, elles le mettent en valeur et lui donnent toute sa force.

Si l’on se retrouve dans la peinture de Nicolas Gasiorowski c’est qu’en nous parlant de lui et de son univers, il nous parle de nous.

Lucien Ruimy – Vivre l’art magazine


Le roseau qui peint mais ne rompt pas.

 

On n’évoquera pas Bashung, sa voix sur sa musique et vice et versa, juste comme ça. Le chanteur à la voix profonde, c’est le double artistique revendiqué de Nicolas Gasiorowski. Lui, sa partition, c’est son trait sur sa peinture et vice et versa. Alors commence la mélodie de sa vie où il nous entraine dans des arias de couleurs et de riffs de pinceau. Le peintre grande tige genre roseau qui plie, connait la vie dans toute sa palette d’évènements, du meilleur au pire. A l’oral il l’évoque mais se tait vite, sinon pourquoi peindre ?

Il suffit d’observer le parcours pour retracer l’histoire. Son oeuvre a longtemps été sombre, il signait Gazio à cette époque, coupé en deux qu’il était. De son nom complet, entier, recomposé, il signe son lent retour à la lumière. Alors elle s’affiche

crânement en aplat d’un vif orange affirmé que ce soit à travers « La géode de Boissezon » ou « Y’a un gars qui …». Prenez encore « La montagne noire à Labruguière » : le ciel gris est troué à l’horizon par un souffle de clarté. Oui, nous parlons bien de nature, le peintre est moins rageur. Alors apparait désormais dans son travail la contemplation, ce temps de lâcher prise, et son expression : le paysage.

Dans ses derniers travaux, on retrouve néanmoins ses séries de personnages qui sont sa préhension et son interrogation permanente devant l’humanité. Derrière chaque être, soit-il le plus social possible, il y a l’ironie de la vie, le rappel à l’humilité et la si fondamentale fêlure. On s’en fiche de savoir si le peintre aime ses contemporains : ses portraits sont un hommage, ironique, grinçant. Libre. Voyez « Le penseur », emporté par le poids de sa sérieuse réflexion, il est prêt à s’affaler ! « Ma vieille tante » est vraiment collet monté mais conserve sa bouche sensuelle et appétissante. Gasiorowski voit au-delà du portrait, au-delà du trait et avec le trait redessine une psyché contraire aux apparences. « L’abbé Pierre » qui fut l’action en mouvement sa vie durant s’accorde un instant méditatif dans l’imaginaire de l’artiste.

Ces derniers temps, voilà que Nicolas explore le genre humain à travers son slip. Un angle comme un autre quoique peu exploré jusqu’ici. Il célèbre ainsi la jeunesse, sa frivolité, sa sensualité dans « S.L.I.P 1 ». Des mains semblent s’impatienter devant une culotte à pois frémissante. C’est un pas de plus vers le plaisir retrouvé. Gasiorowski reprend vie. Et rend hommage à sa muse, compagne de son accomplissement dans leur vie totale d’artistes : c’est elle la généreuse amoureuseau fondement rebondi rayé de rouge et blanc dans « S.L.I.P 2 ».

Comment parler d’un tournant dans sa vie de peintre et sa vie tout court sans évoquer Sandra Detourbet, peintre elle aussi. Ils ont enfanté une créature à quatre mains et deux impulsions créatrices : Charlowski. Soient trois artistes en deux qui se vampirisent, se dévorent et renaissent pour le meilleur.

Pourquoi suivre ce peintre-ci ? Parce que ses propositions picturales possèdent en elles un pouvoir d’évocation qui, vivement ou doucement, balade le spectateur dans ses propres rêveries. On se surprend mélancolique, amusé, interrogatif, on passe d’un tableau à un autre et d’une émotion à une autre et ça fait du bien de se sentir ainsi bousculé.

Corinne Kuperberg – Concours ARTENSION

Expositions personnelles

2015 – Prince & Princess art gallery // Paris 7ème 

2015 – Galeries Jérome B // Arcachon

2015 – Galerie la Véluze // Honfleur

2014 – Prince & Princess art gallery // Paris 7ème 

2014 – Galerie Olivia Ganancia // Paris 6ème

2014 – Galerie Jérôme B // Arcachon

2013 – Galerie l’échaudé // Paris 6ème 

2013 – Passage à l’Art // Cherbourg

2012 – Galerie art et société // Paris

2011 – La Fabrique Gallery // Ivry sur seine

2011 – La Faïencerie // Ancy le Franc

Expositions collectives

2015 – Mythimages // Marciac

2015 – Biennale 109

2015 – Espace culturel les Tanneries // Eure

2015 – Galerie Olivia Ganancia // Paris 6ème 

2015 – Les guetteurs  //  Albi (l’été de Rochegude)

2015 – Galerie LBL // Ile de Ré

2015 – Passage à l’art  // Cherbourg

2015 – PULS’ART

2014 – Charlowski – avec Sandra Detourbet – Galerie Parenthèse // Castres

2014 – MACPARIS

2013 – MACPARIS

2013 – Biénnale 109 // Paris